Le safran à travers l'histoire des civilisations

3 000 ans d'histoire : le safran à travers les civilisations

Avant d'être l'épice la plus chère du monde, le safran a été parfum sacré, teinture royale, médicament des pharaons, et offrande aux dieux. Petite histoire d'un voyage millénaire.

Crète, -1500 avant J.-C.

Les fresques minoennes de l'île de Théra montrent déjà des cueilleurs de safran. Le pigment était utilisé pour teindre les robes des prêtresses et parfumer les bains royaux.

Perse antique

C'est en Perse — l'actuel Iran et Afghanistan — que la culture du safran trouve son terreau idéal. Les rois achéménides s'en parfumaient, et le safran apparaît dans les pharmacopées comme remède universel : du chagrin d'amour aux maux d'estomac.

Grèce et Rome

Homère évoque la « robe de safran » de l'aurore. Néron fit répandre des pistils sur les rues de Rome lors de son triomphe. Cléopâtre s'en servait pour ses bains, persuadée de ses vertus aphrodisiaques.

« Une seule fleur, et toute l'histoire humaine s'y retrouve. »

Mughols et route de la soie

L'Empire mughol (XVIe-XVIIIe siècles) fait du safran le luxe absolu de sa cour. Le célèbre Akbar le faisait pousser au Cachemire et l'utilisait dans ses cuisines. Pendant ce temps, les caravanes de la route de la soie l'acheminaient vers l'Europe à dos de chameau.

Aujourd'hui, en Afghanistan

L'Afghanistan, et tout particulièrement la province d'Hérat, est en train de redevenir une référence mondiale. Sol limoneux, altitude, climat sec : tout est réuni pour produire des pistils d'une finesse exceptionnelle. Une longue histoire qui continue de s'écrire.

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